Il devient un quotidien le 16 juin 1883. Si le père Emmanuel d’Alzon (1810-1880), fondateur des assomptionnistes et des oblates de l’Assomption, est à l’initiative de cette publication, le véritable promoteur en est le père Vincent-de-Paul Bailly.

Lorsque les augustins de l’Assomption comprennent qu’avec la formule du mensuel, ils ne peuvent atteindre le nombre requis de lecteurs, ils décident de convertir la Croix en un quotidien et de vendre celui-ci comme une feuille à un sou.

La Croix réussit à fédérer certains courants catholiques en cherchant à se placer au-dessus des partis et des options politiques, mais, durant l’affaire Dreyfus, elle est cependant violemment antidreyfusarde et antisémite. Le 25 janvier 1900, la congrégation des assomptionnistes est légalement dissoute par Waldeck-Rousseau, et la maison d’édition de la Croix, la Bonne Presse, est rachetée par Paul Feron-Vrau.

LE RENOUVEAU

Pendant plusieurs années, la Croix paraît sous deux formats. Le premier est celui d’un périodique de petit format destiné à la clientèle populaire, le second celui d’un journal grand format destiné à un public plus exigeant et plus cultivé. En 1927, le père Merklen étant devenu le rédacteur en chef, la Croix ouvre ses colonnes aux questions sociales. C’est elle qui est à l’initiative de la création de l’Action catholique et c’est grâce à elle que la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) est rattachée à l’Église de France.

La Seconde Guerre mondiale voit la Croix se replier sur Bordeaux, puis sur Limoges. Le journal ne cessera de paraître que tardivement, le 21 juin 1944. Il ne sera autorisé à reparaître que le 1er février 1945.

C’est le père Gabel qui prĂ©side Ă  la relance du journal. RĂ©dacteur en chef Ă  partir de 1949, il introduit de nouvelles rubriques, comme le sport, le cinĂ©ma, la mode ou le théâtre. Le 1er fĂ©vrier 1956, la Croix paraĂ®t pour la première fois sans le crucifix qui orne la « une » du journal depuis sa crĂ©ation. En mars 1968, elle sort sous un format tabloĂŻd. En janvier 1972, elle devient la Croix-l’ÉvĂ©nement. Le choix de ce nouveau titre dĂ©note une volontĂ© de la rĂ©daction de montrer que le journal n’est pas seulement un journal religieux, mais un quotidien comme les autres, attentif aux phĂ©nomènes de sociĂ©tĂ©.

UN JOURNAL CENTENAIRE

Pour fêter son centenaire en 1983, la Croix-l’Événement se dote d’une nouvelle maquette, beaucoup plus attrayante, ouvre de nouvelles rubriques et voit arriver comme rédacteur en chef Noël Copin. Le nombre de ses lecteurs continue de diminuer, mais la nouvelle équipe menée par Bruno Frappat, ancien directeur de la rédaction du Monde arrivé en janvier 1995, espère lutter contre cette désaffection du lectorat à laquelle sont confrontés bon nombre d’organes de presse français. Le tirage avoisinait les 127 000 exemplaires en 1998.



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