Comment bien préparer un torchis ?
Par Blog2news, dans Bricolage Jardinage
L’une des principales raisons de la désaffection du torchis est la pénibilité de sa préparation dans le cadre traditionnel (l’autre étant la perte, par les utilisateurs, des savoirs concernant les caractéristiques et les performances de la terre et des adjuvants nécessaires à sa fabrication).

Le malaxage des fibres végétales avec l’argile et l’eau est en effet particulièrement difficile. De fait, fabriquer le torchis demande beaucoup plus de temps que le mettre en oeuvre.
Aujourd’hui, un certain nombre de filières de production de « torchis prêt à l’emploi » existent en France, qui permettent de faire l’économie de cette préparation.
Néanmoins, toutes les régions où le torchis est présent dans le bâti ancien ne peuvent – pour des raisons d’éloignement de ces centres de production – bénéficier de la livraison (en vrac ou en sac) de torchis prêt à être mis en oeuvre.
La fabrication artisanale du torchis est donc indispensable sur nombre de petits chantiers. Elle sera effectuée par l’entreprise se chargeant du chantier ou directement par les propriétaires autoconstructeurs.
La préparation de la terre
On a vu plus haut quelles devaient être les caractéristiques de la terre entrant dans la composition d’un torchis.
En préalable à son utilisation, on aura donc effectué le test pour savoir si l’argile tirée du sol possède les qualités nécessaires pour être mise en oeuvre. Une fois extraite, la terre devra être utilisée rapidement.
Bien que la plupart des utilisateurs le fassent, il n’est pas vraiment nécessaire de retirer les cailloux et les racines qui peuvent s’y trouver. Même un gros caillou n’est pas obligatoirement problématique (tout dépend de l’épaisseur du mur de torchis), alors que la terre choisie pour un enduit devra être minutieusement tamisée.
Trempage
Si, dans le sol, la terre est naturellement humide (entre 6 et 8 % d’humidité constante), le fait qu’elle soit extraite l’assèche. Il faut donc tout de suite la mouiller de façon à en faire une boue. Mais, à l’inverse, il ne faut pas qu’un excès d’eau vienne compromettre ses qualités propres, sa plasticité. Le fait d’avoir raclé la terre et non découpé des blocs à la bêche pour l’extraire, fait que la reprise d’eau est plus efficace.
On procédera au « trempage » (ou « pourrissage ») de la terre dans une grande bassine ou une baignoire désaffectée. Celui-ci permet le tassement de la terre car l’eau intègre toutes les particules de l’argile et une homogénéité se crée. L’excès d’eau s’évaporant, on obtient au final une boue épaisse ayant la consistance d’une mayonnaise.
Il faut opérer le mélange terre/eau de manière homogène, sans trop « pourrir la terre », car les particules fines risquent alors d’être délavées, de tomber au fond, ce qui modifierait considérablement les caractéristiques de la terre.