Elles ont de quoi ĂŞtre rassurĂ©es, les ouvrières de cette usine picarde en pleine restructuration : le directeur vient de leur offrir des blouses neuves avec leurs prĂ©noms brodĂ©s dessus. Après le plan social, l’espoir revient… mais dès le lendemain matin, c’est la consternation ; l’usine a Ă©tĂ© dĂ©mĂ©nagĂ©e en douce durant la nuit, et le patron est en fuite.

ScandalisĂ©es, les filles dĂ©cident de regrouper leurs indemnitĂ©s (2000 malheureux euros chacune) pour financer un projet de reconversion : faire buter le patron par un professionnel…

Associés depuis leur époque télévisée (Groland), Benoît Delépine et Gustave Kervern ont déjà transposé, par deux fois, leur verve révolutionnaire au cinéma.

Leur premier film, Aaltra, mettait en scène deux handicapés taillant la route jusqu’en Finlande pour demander réparation. Le second, Avida, était une fable surréaliste illustrant la perdition de la société entre les trop riches et les trop pauvres. Leur nouvelle réalisation se penche encore sur le combat inégal entre les petites gens et la “Grosse Machine”.

La “Louise Michel” historique était une anarchiste révolutionnaire française du 19ème siècle.

La Louise-Michel de Kervern et DelĂ©pine, c’est non pas une, mais deux personnes : Louise, l’ouvrière sauvage (infaillible Yolande Moreau), et Michel, le tueur Ă  gages le plus minable de la profession (impeccable Bouli Lanners, du rĂ©cent Eldorado).

Ensemble, ils partent à la recherche du patron voyou, dans un périple loufoque et déjanté, mais ancré dans la réalité des territoires (géographiques, sociaux, humains) qu’ils traversent. Un film qui traite avec poésie et humour des derniers choix laissés à ceux qui n’ont rien.

DrĂ´le et noir ; drĂ´lement noir…



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