Son goût pour la mer ainsi qu’une tradition familiale où est entretenue “la vocation de marin” le conduisent vers l’âge de treize ans dans un collège religieux en Bretagne qui prépare à l’Ecole navale.

Il y restera pensionnaire plusieurs années. C’est à cette époque qu’il lit Baudelaire, Shakespeare et Goethe. A 17 ans il découvre les poèmes de Rimbaud et Ulysse de Joyce. Il poursuit finalement des études de droit et de sciences politiques, entre 1936 et 1938, mais s’intéresse principalement à la littérature et “davantage encore à la musique”.

Il écrit des chroniques musicales dans des revues éphémères et a le désir de prendre des leçons “de composition, d’harmonie”, mais la guerre est déclarée et il est mobilisé en 1939. Démobilisé en 1941, il s’installe à la campagne où il poursuit l’écriture d’un roman, Les Mendiants, qui sera publié en 1943 chez Gallimard. Il s’engage dans la Résistance.

Après la guerre, Louis-René des Forêts passe une année comme conseiller littéraire chez Robert Laffont. Il termine Le Bavard qui paraît dans une indifférence quasi générale en 1946. A la fin des années 50, l’écrivain s’engage contre la guerre d’Algérie et sera un des signataires du « Manifeste des 121 ». Il publie son troisième livre, un recueil de nouvelles, La Chambre des enfants, en 1960, ainsi qu’un poème, Les Mégères de la mer, en 1967.

En 1965, sa fille Elisabeth meurt accidentellement à l’âge de quatorze ans. Il cesse d’écrire pendant presque dix ans et ne publie plus de livres pendant vingt ans.

Cependant, il s’adonne à la peinture et exposera ses oeuvres à plusieurs reprises, notamment au Centre Pompidou en 1978, et renoue avec l’écriture en traduisant des lettres du poète anglais Gerard Manley Hopkins. Parallèlement, il travaille à l’Encyclopédie de la Pléiade et entre au comité de lecture de Gallimard en 1966, qu’il quittera en 1983.

Les premiers fragments de son livre autobiographique, Ostinato, paraîtront dans différentes revues littéraires, dont la NRF, en 1984, avant sa publication définitive en 1997. Livre dont Michel Schneider a écrit qu’il est composé « en fragments si beaux qu’il faudrait parfois fermer les yeux pour en soutenir l’éclat. »