Cancer du col de l'utérus : vaccins et frottis
Par Blog2news, dans Santé
Les laboratoires Sanofi Pasteur MSD commercialisent un vaccin destiné à prévenir les infections génitales dues à certains types de virus (HPV) impliqués dans le développement ultérieur des cancers du col de l’utérus.
Si cette innovation est prometteuse en matière de santé publique, elle comporte certaines limites. En premier lieu, le vaccin protège contre deux types de virus qui ne sont rencontrés que dans 70 % des cancers du col utérin.
Cela implique que le dépistage des précancers (dysplasies du col) par frottis cervico-vaginal et leur traitement soient maintenus, y compris chez les femmes ayant bénéficié de ce vaccin préventif. Il faut également savoir qu’en France 30 % des femmes n’ont aucun suivi gynécologique, et que des progrès importants restent à faire dans ce domaine. Un autre point à souligner est que le vaccin actuellement disponible n’a pas montré d’efficacité dans le traitement des lésions déjà constituées.
Il s’agit donc d’un vaccin strictement préventif (prophylactique) pour lequel la population cible est celle des préadolescentes, avant le début de toute activité sexuelle, afin d’être sûr que les jeunes filles ne soient pas déjà infectées par HPV.
Il faut enfin avoir à l’esprit que, compte tenu du délai de quinze ans en moyenne entre l’infection et le développement du cancer du col, l’effet de la vaccination ne sera mesurable que dans de nombreuses années. Sans préjuger des recommandations et des décisions quant au remboursement qui seront connues d’ici à juin 2007, la lutte «première» contre le cancer du col de l’utérus repose toujours sur le dépistage et le traitement des lésions, même si l’apport du vaccin peut se révéler dans le futur très intéressant.
De nombreuses études au long cours sont encore nécessaires pour mesurer l’impact de ce vaccin sur la santé des femmes.