Les interdits religieux / interdictions religieuses
Par Blog2news, dans Religion
Au sein du vaste domaine des interdits religieux – tout au moins ceux des religions de salut de type prophétique – certains, comme le commandement biblique «Tu ne tueras point», paraissent plus spontanément universels et assimilables par le contenu aux catégories de la morale sociale ordinaire.
D'autres, au contraire, les interdits alimentaires notamment, semblent irréductiblement enfermés dans le particulier et l'arbitraire et proches, du coup, des tabous que l'on rencontre dans les cultures dites «primitives».
Ces derniers ne font que signaler une catastrophe possible, censée se produire dès qu'on les transgresse, fût-ce par inadvertance, alors que la violation de l'interdit religieux est présentée dans les textes sacrés comme une désobéissance volontaire à Dieu, autrement dit un péché.
Cependant, cette notion religieuse de péché ne doit pas être assimilée à la notion éthique de faute morale, même si, dans l'histoire de la pensée, la première est à la source de la seconde.
Dans le système religieux prophétique, en effet, le domaine des interdits porte tout aussi bien sur le meurtre, le vol ou l'adultère que sur la consommation de viandes impures, le blasphème ou encore, dans le judaïsme et l'islam, la fabrication de statues ou d'images d'êtres animés.
Le sens des interdits
Si les historiens des religions tentent d'expliquer certains interdits, par exemple le refus des images dans la Bible comme la nécessité pour le peuple hébreu de se démarquer des pratiques de ses voisins idolâtres, il est généralement difficile d'en rendre compte de façon isolée. Il faut probablement, comme dans le cas des tabous culturels en général, les expliquer par la force d'une logique symbolique où, de proche en proche, des classes d'objets, d'aliments, d'actes, de noms, etc., peuvent être interdits parce qu'ils évoquent un premier terme qui a un statut impur. On remarque que l'impureté est fréquemment attachée à des objets qui sont à cheval sur deux catégories et donc qui violent le principe de classification du monde opéré par un groupe humain (ainsi la consommation des batraciens, animaux qui sont à la fois terrestres et aquatiques, est prohibée dans les lois juive et musulmane).
Les interdits alimentaires
Par son caractère visible et séparateur, l'interdit alimentaire constitue un marqueur important de l'identité ethnico-religieuse. L'interdit qui marque la consommation d'un aliment donné peut tenir au caractère sacré de l'espèce animale ou végétale: c'est le cas de la vache dans le monde hindou, de la plante ou de l'animal totémique pour les membres d'un clan rattaché à ce totem. Il peut au contraire être motivé par son caractère impur: le porc dans le judaïsme et l'islam.
Dans le judaïsme, religion où l'interdit alimentaire est particulièrement codifié, la nourriture conforme à la Loi est dite cachère (littéralement «apte») ou, dans le monde anglo-saxon, kosher . Les prescriptions rituelles interdisent de consommer l'animal mort de mort naturelle ou qui présente un défaut ou encore qui n'a pas été abattu rituellement; elles prohibent le sang; les bêtes terrestres qui ne cumulent pas le triple critère: sabot fendu en deux, pied onglé, caractère ruminant; les animaux marins qui n'ont pas d'écailles et une arête (crustacés par exemple); les oiseaux charognards; les insectes; les reptiles; les batraciens, etc. En outre, on ne peut manger au cours du même repas de la viande et des aliments lactés, ce qui contraint à posséder deux vaisselles pour éviter tout contact entre ces types d'aliments.
Les interdits musulmans suivent la plupart des interdits juifs (hormis le non-mélange du lait et de la viande) et y ajoutent la prohibition des boissons fermenté