Il est ainsi possible d’élaborer une esquisse du paysage sectaire.

La nature même du phénomène sectaire rend difficile le dénombrement des mouvements, des adeptes et des sympathisants.

Les ordres de grandeur estimés seraient d’une centaine de mouvements actifs regroupant quelques 1 500 structures locales et environ 200 000 personnes au total.

Ces chiffres sont relativement stables, voire en légère régression.

Enfin, sur le plan géographique, l’ensemble du territoire est concerné par le phénomène sectaire.

Il faut noter toutefois des zones de plus forte activité.

C’est le cas de la façade méditerranéenne, de la zone frontalière nord-est, de la région parisienne et de certains départements de la Bretagne, de l’Aquitaine et de Rhône-Alpes.

D’autre part, certaines caractéristiques propres aux populations d’outre-mer (sentiment de religiosité, spécificité socioculturelle, mixité sociale...), les rendent, sans doute, plus particulièrement réceptives au phénomène sectaire.

Un caractère polymorphe

Cette relative stabilité du phénomène sectaire n’induit pas pour autant une situation figée. En effet, on constate une évolution caractérisée par des groupes de plus en plus divers et « atomisés ». L’influence de la tendance new age n’y est sans doute pas étrangère.

Toutefois, si l’on veut dégager une typologie, quatre familles peuvent être repérées :

  • les mouvements guérisseurs ;
  • les groupes ésotériques ;
  • les groupes apocalyptiques ;
  • les groupes orientalistes.

Les champs d’activité et les publics

Les thérapies, les psychothérapies, le développement personnel, sont trois domaines particulièrement sensibles.

Toutes les catégories sociales et professionnelles peuvent être concernées. Certaines sont plus exposées (professions libérales, enseignants, étudiants, personnels de santé...)

Le caractère dangereux du phénomène sectaire

La dangerosité est variable selon les groupes. Les signalements relevés, loin d’être exhaustifs, sont majoritairement relatifs aux atteintes aux personnes et aux biens.

Si le nombre de procédures pénales a sensiblement augmenté depuis 1996, depuis la prise en compte par l’autorité judiciaire du phénomène sectaire, il n’en demeure pas moins que les procédures sont en nombre limité.

Cela s’explique, notamment, par la rareté des plaintes et par l’absence de signalements.

Conclusion

Les actions de vigilance et de prévention conduites par les pouvoirs publics depuis plusieurs années tant au niveau central que local ont permis, semble-t-il, de contenir le développement des dérives sectaires.