En l’espace d’un an, le taux de change effectif réel de l’euro (calculé par la BCE contre les 22 principales devises) s’est apprécié de plus de 5 %. Contre le seul dollar, l’euro s’est apprécié de plus de 16 % en l’espace d’un an. Il s’est également apprécié de plus de 12 % contre la livre sterling.

L’adaptation des exportateurs à des changements de parité monétaire aussi brutaux passe pour l’essentiel par de nouveaux efforts de marge. Ceux-ci s’opèrent dans une situation où les taux de marge de l’industrie en France (30,8 % en moyenne en 2007) sont déjà inférieurs à leur niveau moyen observé au cours des trente dernières années (32,8 % en moyenne de 1978 à 2007).

Handicapés par l’appréciation de l’euro au même titre que leurs concurrents européens, les industriels implantés en France ont en outre pâti d’une dérive des coûts salariaux horaires plus vive que celle observée dans l’ensemble de la zone euro.

Le coût d’une heure de travail dans l’industrie en France s’inscrit à 32,7 euros fin 2007. Il dépasse celui de la zone euro de 16,3 % contre 12,5 % en 2000. Il est désormais quasiment à parité avec le coût salarial horaire dans l’industrie allemande (32,8 euros fin 2007). Il lui était inférieur de plus de 10 % en 2000.

Au cours des douze derniers mois, il a progressé de 3,1 % en France contre 2,7 % dans la zone euro et 1,5 % en Allemagne. Les évolutions sont encore plus remarquable vis-à-vis des économies situées hors de la zone euro, le coût salarial d’une heure de travail dans l’industrie américaine, exprimé en euros, a reculé de 8,9 % en l’espace d’un an. Le coût de l’heure de travail dans l’industrie en France le dépasse désormais de plus de 52 %.

GFI - Coe-Rexecode - Tableau de bord de l’industrie française - Mars 2008